Rentabilité d’un food truck : chiffres, marges et seuil

Combien rapporte un food truck, et à partir de combien de clients par jour devient-il rentable ? Fourchettes prudentes, méthode de calcul et exemple complet.

RomainRomain BarreauFondateur de Food Truck Store · 7 min de lecture

La rentabilité d’un food truck, c’est la question que tout porteur de projet se pose avant de signer. Il n’existe pas de réponse unique, et méfiez-vous de ceux qui vous en donnent une. Le chiffre d’affaires dépend de votre emplacement, de votre carte, de votre prix moyen, du nombre de jours travaillés et de votre vitesse de service. Entre une zone d’activités le midi et un festival, l’écart peut aller du simple au quadruple.

Ce que nous pouvons faire, c'est vous donner des fourchettes prudentes, une méthode de calcul claire et un exemple chiffré complet, du panier moyen jusqu'au résultat. Vous remplacerez ensuite nos hypothèses par les vôtres. C'est exactement ce qu'un banquier vous demandera avant de vous suivre.

Rentabilité d’un food truck : chiffres, marges et seuil

Les fourchettes de chiffre d'affaires observées dans le secteur

Selon les retours du secteur, un food truck qui travaille correctement réalise entre 300 et 1 200 € HT de recettes par service. Le bas de la fourchette correspond à un emplacement de semaine moyen, avec une quarantaine de clients. Le haut correspond à un bon marché ou une zone d'entreprises dense, où l'on sert 80 à 100 personnes en deux heures. Les journées à 2 000 € existent sur de gros festivals, mais elles sont l'exception, pas la base d'un prévisionnel.

Rapporté au mois, avec 18 à 22 jours travaillés, cela donne un chiffre d'affaires entre 6 000 et 25 000 € HT, la plupart des exploitants seuls se situant entre 8 000 et 15 000 € HT. Sur l'année, tenez compte de la saisonnalité : l'hiver est plus calme pour la majorité des concepts, sauf en zone d'entreprises où l'activité reste régulière.

Romain, fondateur de Food Truck Store, tient le drapeau FTS

La formule de base : panier moyen × couverts × jours

  • 10 à 15 €panier moyen constaté en restauration ambulante, selon les retours du secteur
  • 40 à 100couverts par service selon l'emplacement et la vitesse de service
  • 28 à 35 %part du chiffre d'affaires consacrée aux achats de matières premières

Tout part de deux chiffres : votre panier moyen et le nombre de clients servis par service. Le panier moyen, c'est ce que dépense un client : un plat, parfois une boisson ou un dessert. En restauration ambulante, il se situe le plus souvent entre 10 et 15 €. Travailler ses formules et ses ventes additionnelles est le levier le plus simple pour le faire monter.

Le nombre de couverts dépend de l'affluence, mais aussi de votre capacité à servir vite. Sur un service du midi de 1 h 30 à 2 h, un exploitant seul plafonne autour de 50 à 60 clients. À deux, avec une organisation rodée, on passe à 80 ou 100. C'est là que l'agencement de la cuisine compte : un plan de travail cohérent et un froid bien placé se traduisent directement en couverts.

Prenons un exemple prudent. Panier moyen : 12 €. Couverts par service : 60. Cela fait 720 € HT par jour. Avec 20 jours travaillés, le chiffre d'affaires mensuel atteint 14 400 € HT. C'est un scénario réaliste pour un emplacement de semaine correct, sans événement exceptionnel.

Les charges typiques d'un food truck, poste par poste

La première charge, ce sont les matières premières. Selon les retours du secteur, un food truck bien géré y consacre 28 à 35 % de son chiffre d'affaires, emballages compris. Sur nos 14 400 € HT, retenons 30 %, soit 4 320 €. Il reste une marge brute de 10 080 € pour couvrir tout le reste.

Viennent ensuite les charges fixes ou quasi fixes. Les emplacements : de zéro sur un terrain privé négocié à 20 ou 50 € par jour sur un marché, disons 500 € par mois. L'assurance : 100 à 150 € par mois. Le carburant : 200 à 300 € selon les distances. Le gaz et l'électricité : 100 à 200 €. Le comptable, la banque, le terminal de paiement, les logiciels : 250 à 350 €. L'entretien courant et les consommables : 150 à 250 €. Ajoutons enfin la mensualité de financement ou de location du food truck, détaillée plus bas.

Dans notre exemple, ces charges hors financement tournent autour de 1 600 à 1 800 € par mois. Avec une mensualité de remorque de l'ordre de 300 à 350 € sur quatre ans, on arrive à environ 2 100 € de charges fixes mensuelles. Restent les cotisations sociales de l'exploitant, dont le montant dépend du statut et de la rémunération versée : un point à travailler avec votre expert-comptable.

Rentabilité d’un food truck : le seuil à partir duquel vous gagnez

Le point mort, ou seuil de rentabilité, c'est le chiffre d'affaires à partir duquel vous ne perdez plus d'argent. Le calcul est simple : charges fixes divisées par le taux de marge brute. Avec 2 100 € de charges fixes et 70 % de marge brute, le seuil se situe à 3 000 € HT par mois. À 12 € de panier moyen, cela représente 250 couverts par mois, soit un peu plus de 12 clients par jour sur 20 jours.

Ce chiffre paraît bas, et c'est précisément l'intérêt du food truck par rapport à un restaurant : les charges fixes sont faibles. Mais ce seuil ne vous rémunère pas. Pour vous verser 2 000 € par mois et couvrir les cotisations associées, il faut ajouter environ 3 000 € de charges. Le seuil réel, celui qui vous fait vivre, passe alors à 5 100 € divisés par 0,70, soit environ 7 300 € HT de chiffre d'affaires par mois. À 12 € de panier moyen, cela fait 610 couverts par mois, ou une trentaine de clients par jour. C'est atteignable sur un bon emplacement, et c'est cet objectif qu'il faut sécuriser avant d'acheter.

Revenons à notre exemple à 60 couverts. Chiffre d'affaires 14 400 € HT, marge brute 10 080 €, charges fixes 2 100 €. Il reste 7 980 € avant rémunération, cotisations sociales et impôt. Une fois ces éléments déduits, un exploitant seul peut viser, selon les retours du secteur, une rémunération nette de 2 500 à 4 000 € par mois à ce niveau d'activité. Ce n'est pas une promesse, c'est le résultat d'une hypothèse : divisez les couverts par deux et le résultat fond très vite.

Remorque ou camion : l'impact sur l'équation

Le choix du véhicule ne change pas votre chiffre d'affaires, mais il change vos charges, donc votre point mort. Un camion food truck coûte plus cher à l'achat, car vous payez un moteur en plus d'une cuisine. Il coûte aussi plus cher à l'usage : entretien mécanique, contrôle technique, carburant, et surtout des immobilisations en cas de panne, qui se traduisent par des journées à zéro.

Une remorque supprime ces postes. Pas de moteur, pas de contrôle technique périodique sous 3,5 t, une mensualité de financement bien plus légère. Nos remorques Chef+ et L'Essentiel au format AIR 220, tractables avec un permis B, se situent entre 11 500 et 13 495 € HT, quand un camion aménagé se négocie souvent à trois ou quatre fois ce montant. Vous pouvez comparer nos remorques et leurs agencements. Sur notre exemple, l'écart de mensualité et d'entretien peut représenter 600 à 1 000 € par mois, soit 50 à 80 couverts mensuels de moins à réaliser pour atteindre le point mort.

Location ou achat : ce que ça change sur vos chiffres

Acheter, c'est immobiliser un capital ou signer un crédit sur plusieurs années, mais la mensualité reste contenue et le matériel vous appartient. C'est la solution la plus économique si votre projet est validé et si vous comptez travailler plusieurs années.

Louer, c'est transformer l'investissement en charge mensuelle, sans apport ni engagement long. Le loyer est plus élevé qu'une mensualité de crédit sur quatre ans, mais vous testez un emplacement, une carte et un rythme de travail avec un matériel prêt à servir, sur 3, 6 ou 12 mois. Si le concept marche, vous achetez avec des chiffres réels sous les yeux. Sinon, vous rendez la remorque sans avoir un véhicule à revendre. C'est l'intérêt de la location pour un premier projet ou une activité saisonnière : le point mort est un peu plus haut, mais le risque est beaucoup plus bas.

Dernier conseil, le plus important : faites votre prévisionnel avec vos propres chiffres, pas avec les nôtres. Allez sur l'emplacement visé, comptez les passants et les concurrents, et calculez votre point mort avant de signer quoi que ce soit. Un food truck peut très bien rapporter. Mais il rapporte à ceux qui ont fait ce travail en amont.

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