Le marché du food truck en France en 2026 : chiffres, tendances et ce que ça change pour votre projet
Combien de food trucks en France, quel chiffre d’affaires, quel ticket moyen, quel taux de survie ? Les chiffres 2026 du marché du food truck, avec leurs sources, et ce qu’ils changent pour un projet de remorque.
Romain BarreauFondateur de Food Truck Store · 9 min de lectureCombien y a-t-il de food trucks en France ? Pendant dix ans, la réponse allait de 700 à 3 000 selon qui parlait, parce que personne ne les comptait. Depuis 2026, c’est fini : le secteur a son propre code d’activité et un premier comptage public existe. Voici le marché du food truck en France tel qu’on peut le mesurer aujourd’hui, chiffre par chiffre, avec la source de chacun, et surtout ce que ces chiffres changent quand on prépare son propre projet.


Combien de food trucks en France en 2026 ? Le premier comptage
Au 30 avril 2026, la base Sirene de l’INSEE recense 4 370 établissements actifs de restauration mobile, portés par 4 310 entreprises. Ce comptage, publié par un consultant indépendant et référencé sur data.gouv.fr (WikiFoodtruck, mai 2026), s’appuie sur le nouveau code NAF 56.12Y « activités de service de restauration mobile ». Deux précautions de lecture : ce code regroupe aussi les chariots, les étals, les glaciers et les crêpiers ambulants, et il ne distingue pas les camions des remorques. C’est donc un ordre de grandeur du métier, pas un décompte de véhicules.
Ce chiffre dit aussi qui fait ce métier. 81,2 % des établissements n’ont aucun salarié, et l’on compte 1,01 établissement par entreprise : un métier de solos, presque sans chaînes ni multi-sites (data.gouv.fr). Le parc est jeune : 1 204 établissements ont été créés en 2024 et 2025, soit plus d’un quart de ceux qui existent aujourd’hui.
- 4 370établissements de restauration mobile actifs en France au 30 avril 2026 (Sirene, code NAF 56.12Y)
- 81 %des établissements n’emploient aucun salarié : un métier d’indépendants
- +30 %de chiffre d’affaires des food trucks entre début 2022 et début 2024 (données de paiement SumUp)
Pourquoi on lisait « 700 » ou « 3 000 » jusqu’ici
Jusqu’en 2025, les food trucks étaient noyés dans le code « restauration rapide » avec les kebabs et les sandwicheries. La Fédération française des food trucks, créée en novembre 2025 par la fusion de Street Food En Mouvement et de la Food Trucks Association de Marseille, parlait de 700 camions (avec un pic à 750 en 2014) quand un comptage sur les réseaux sociaux en trouvait 2 000 à 3 000 (HR-Infos, novembre 2025). La fédération, qui revendique 250 adhérents, ambitionne d’en rassembler 2 000 à 3 000 (Snacking.fr).
Le vrai tournant est administratif : la nomenclature NAF 2025 crée le code 56.12Y, visible dans Sirene dès 2026 et attribué officiellement à partir du 1er janvier 2027 (INSEE, calendrier INSEE). Pour un porteur de projet, cela veut dire que votre entreprise sera identifiée comme restauration mobile, et que le secteur pourra enfin être suivi année après année.
Où sont les food trucks ? Régions, Gironde, Bordeaux
La répartition est très inégale. L’Île-de-France concentre 741 établissements (17 % du total), devant PACA (567) et l’Occitanie (542). La Nouvelle-Aquitaine est cinquième avec 427 établissements, dont 132 en Gironde et 31 à Bordeaux même, qui affiche l’une des densités les plus élevées des grandes villes, 11,8 établissements pour 100 000 habitants contre 6,45 en moyenne nationale (WikiFoodtruck).
Les dynamiques diffèrent aussi d’une ville à l’autre. Entre le premier trimestre 2022 et le premier trimestre 2024, le chiffre d’affaires des food trucks a progressé de 61 % à Nice, 58 % à Lille, 51 % à Lyon, 42 % à Toulouse, mais seulement 19 % à Paris, selon les données de paiement SumUp (Au cœur du CHR, 2024). Le choix de la ville et de l’emplacement pèse au moins autant que le concept.
Le marché en euros : un secteur qui grandit dans une restauration qui ne grossit plus
La consommation alimentaire hors domicile a atteint 128,3 milliards d’euros en 2025, en hausse de 4,2 %, mais pour 11,97 milliards de repas, soit un trafic stable : toute la croissance vient des prix (étude Gira, mai 2026). Le segment « vente au comptoir », auquel se rattache la restauration mobile, pèse 28,6 milliards d’euros. Les visites en restauration reculent même de 0,5 % en 2025 et de 9 % par rapport à 2019 ; la restauration rapide résiste mieux (+0,4 % de visites) que la restauration à table (−4,2 %) (panel Circana, mars 2026).
Dans ce décor, le food truck progresse : +30 % de chiffre d’affaires et +32 % de volume d’activité entre début 2022 et début 2024, toujours selon SumUp (Snacking.fr, mai 2024). La fédération estime le chiffre d’affaires du secteur à 250 millions d’euros en 2022, en hausse de 32 % en 2024 (FFFT) ; c’est une estimation professionnelle, pas une statistique officielle, et nous la présentons comme telle.
Ticket moyen : le food truck n’est pas de la restauration rapide bon marché
Selon la fédération, un client dépense entre 12,50 et 15,50 € TTC dans un food truck ; les données de paiement SumUp donnent 22,59 € par transaction en 2024, une transaction couvrant souvent plusieurs repas (Snacking.fr). À comparer aux 6,3 € de ticket moyen de la restauration rapide au sens large (Circana). Le food truck ne se bat pas sur le prix : il vend un produit, une origine, un moment. Les réseaux de restauration rapide, eux, ont dépassé 25,5 milliards d’euros et 20 796 points de vente en 2025, avec une croissance portée par les ouvertures et la hausse des cartes (Food Service Vision) : la concurrence en entrée de ville se densifie, et c’est la différenciation qui fait la place.
Où se fait le chiffre ? La fédération décrit une activité en trois tiers : les entrées de ville et zones d’activités, l’événementiel public, l’événementiel privé (entreprises, mariages) (FFFT). Deux tiers de l’activité dépendent donc de l’événementiel, ce qui explique la saisonnalité du métier et l’importance des appels à candidatures des collectivités.
Ces ordres de grandeur ne remplacent pas vos chiffres. Le simulateur de business plan de la FTS Academy part de votre carte, de vos emplacements et de votre rythme pour calculer votre point mort et votre revenu.
Survie et défaillances : le vrai risque d’un projet
Il n’existe pas de taux de survie propre aux food trucks. Les données INSEE les plus proches sont celles de la création d’entreprise : 69 % des entreprises créées en 2018 (hors micro-entrepreneurs) étaient encore actives cinq ans plus tard ; dans l’hébergement-restauration, 66 % pour les sociétés mais seulement 47,9 % pour les entreprises individuelles (INSEE, enquête Sine, septembre 2025). Pour les micro-entrepreneurs, tous secteurs confondus, 28 % sont encore actifs à cinq ans, 39 % parmi ceux qui ont réellement démarré (INSEE). Comme 81 % des food trucks n’ont aucun salarié, ce sont ces deux derniers chiffres qui parlent à un porteur de projet.
Le contexte 2025 n’aide pas : les défaillances en restauration rapide, code qui inclut encore les food trucks, sont passées de 554 au premier trimestre 2024 à 666 au premier trimestre 2025, soit +19 % (Altares). Ce qui fait la différence entre ceux qui restent et ceux qui ferment tient rarement à la cuisine : c’est le dimensionnement de l’investissement de départ, l’emplacement, et la capacité à traverser la saison creuse.
Réglementation 2024-2026 : ce qui a changé
La carte de commerçant ambulant reste le sésame dès que vous vendez hors de votre commune : 30 €, valable quatre ans, auprès de la CCI ou de la CMA (Bpifrance Création, 2026). Sur le domaine public, un food truck relève de l’autorisation d’occupation temporaire, un permis de stationnement précaire : la fiche officielle rappelle qu’elle « peut être suspendue ou retirée à tout moment par la commune, sans préavis ni indemnité » (Justice.fr). D’où l’intérêt des emplacements privés négociés, en zone d’activités ou chez des entreprises.
Les zones à faibles émissions sont maintenues : la suppression votée par le Parlement a été censurée par le Conseil constitutionnel le 21 mai 2026 (Public Sénat), et les 25 ZFE de métropole, dont Bordeaux, appliquent leurs restrictions, avec les utilitaires légers concernés (ministère de la Transition écologique). Point important pour le choix du véhicule : une remorque n’a pas de motorisation propre, c’est la voiture qui la tracte qui porte la vignette Crit’Air. Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets s’impose à tous les professionnels, sans seuil (ministère de la Transition écologique), et la loi AGEC encadre les emballages.
Les collectivités structurent l’accès aux grands événements par des appels à candidatures avec cahier des charges et redevance. Exemple à Bordeaux Métropole pour l’inauguration du pont Simone-Veil en 2024 : jusqu’à vingt ambulants retenus, emplacement de 10 m² maximum, redevance de 21,22 € par m² et par jour, exigences sur l’hygiène, l’eau, les emballages et l’origine des produits (règlement de consultation). Un dossier propre et une remorque conforme font la différence à ce stade.
Et chez nos voisins ?
Les données comparables sont rares. Au Royaume-Uni, les ventes des stands et kiosques de rue ont progressé de 6 % en 2024 pour atteindre 1,7 milliard de livres, avec une prévision à 2 milliards (Business Gateway, d’après Euromonitor, 2025). En Allemagne, le panier moyen au food truck est de 17,68 € et les transactions ont bondi de 62 % entre 2022 et 2024, Berlin (+45 %) devançant Paris (+19 %) et Londres (+9 %) (SumUp Allemagne). Pour la Belgique et l’Espagne, nous n’avons trouvé aucune donnée récente et sourcée : nous préférons ne rien avancer.
Ce que ces chiffres changent pour votre projet
Premier enseignement : le marché existe et grandit, mais il grandit en valeur, pas en nombre de clients. Vous ne gagnerez pas des clients « en plus », vous les prendrez à d’autres offres, par la qualité et l’emplacement. Deuxième enseignement : c’est un métier de solos, saisonnier, dont deux tiers de l’activité passent par l’événementiel ; votre business plan doit tenir sur vingt jours de service par mois en saison, et sur bien moins l’hiver. Troisième enseignement : ce qui tue les projets, c’est l’investissement de départ mal dimensionné et l’emplacement précaire, pas la recette.
C’est exactement là que le choix d’une remorque plutôt que d’un camion pèse : un investissement de départ divisé, pas de moteur ni de contrôle technique, une vignette Crit’Air qui est celle de votre voiture, et la possibilité de louer trois, six ou douze mois pour tester un emplacement avant d’acheter. Nos guides détaillent chacun de ces points : ouvrir un food truck, la rentabilité, l’emplacement, le financement sans apport.
Sources et méthode
Tous les chiffres de ce guide viennent de sources publiques consultables : comptage Sirene par WikiFoodtruck (mai 2026) référencé sur data.gouv.fr ; INSEE, code NAF 56.12Y ; HR-Infos et Snacking.fr pour la Fédération française des food trucks ; Snacking.fr et Au cœur du CHR pour les données SumUp ; étude Gira 2025 ; panel Circana ; Food Service Vision ; INSEE, Insee Première n° 2070 et n° 2069 ; Altares ; Bpifrance Création ; Justice.fr ; ministère de la Transition écologique et Public Sénat ; biodéchets ; Bordeaux Métropole ; Business Gateway ; SumUp Allemagne. Ce que nous n’avons pas trouvé de fiable, nous ne l’avons pas écrit : ni chiffre d’affaires officiel du marché, ni part des remorques face aux camions, ni prix moyen indépendant des véhicules, ni taux de survie propre aux food trucks.
Questions ? Réponses.
Une autre question ? Romain et nos distributeurs vous répondent ›4 370 établissements de restauration mobile actifs au 30 avril 2026 selon la base Sirene (code NAF 56.12Y), pour 4 310 entreprises. Le périmètre inclut chariots, étals, glaciers et crêpiers ambulants, sans distinguer camions et remorques.
Il n’existe pas de statistique officielle. La Fédération française des food trucks l’estimait à 250 millions d’euros en 2022, en hausse de 32 % en 2024. Les données de paiement SumUp mesurent +30 % de chiffre d’affaires entre début 2022 et début 2024.
Entre 12,50 et 15,50 € TTC par client selon la fédération ; 22,59 € par transaction carte en 2024 selon SumUp, une transaction couvrant souvent plusieurs repas. La restauration rapide au sens large est à 6,3 € de ticket moyen.
En valeur, oui : +30 % de chiffre d’affaires en deux ans pour les food trucks, dans une restauration hors domicile à 128,3 milliards d’euros (+4,2 %) en 2025. En volume, le trafic est stable et les visites reculent : la croissance vient des prix et de la différenciation, pas de nouveaux clients.
Aucun chiffre propre aux food trucks n’existe. Les données INSEE les plus proches : 47,9 % des entreprises individuelles d’hébergement-restauration créées en 2018 étaient actives cinq ans après, et 28 % des micro-entrepreneurs tous secteurs. Les défaillances en restauration rapide ont augmenté de 19 % au premier trimestre 2025.
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